BEYONCÉ ET RIHANNA ON PLUS FAIT POUR LA VAGUE FÉMINISTE QUE BEAUCOUP D’INTELLECTUELLES.

Elles sont nombreuses à lutter contre les inégalités, le viol, le harcèlement. Mais suivant l’approche anglo-saxonne de l’empowerment, très mal traduit en Français par « renforcement », nous avons conclu qu’il fallait faire en sorte que nous nous sentions puissantes plutôt que d’appuyer sur nos problèmes. Prendre le féminisme avec humour et dérision. La victimisation sape la confiance des femmes. Mais, des deux sexes, qui est vraiment fragile ? Nous devons prendre conscience de notre pouvoir.

Au début des années 1980, les rappeurs étaient à l’échelon le plus bas de la société américaine, exclus au sein même de leur propre communauté. Un petit groupe de 200 à 300 personnes s’est inventé un monde à part où le jeu était l’autovalorisation, avec un code vestimentaire, un langage, un art. Ce qu’ils ont réussi à faire en trente ans est phénoménal, ils ont remporté une bataille culturelle, conquis le monde, jusqu’à l’industrie du luxe.

Encore plus bas, les rappeuses ont à leur tour retourné la nudité forcée et utilisé leur corps pour prendre le pouvoir. Beyoncé, Rihanna ont plus fait pour la troisième vague féministe que beaucoup d’intellectuelles. Si l’on fait sentir aux femmes leur puissance, à long terme, ça aura un impact.

Les entreprises ont tourné notre désir vers le souci de notre apparence. On entre dans tout supermarché par la beauté et la mode. Mais si on le retourne, notre pouvoir économique est énorme. Notre poids, c’est deux fois l’Inde et la Chine réunies. Je rêve que les femmes développent une économie autonome …

Propos de Sophie Bramly pour Le Monde

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