ÉCONOMIE-RÉDUIRE LES DÉPENSES DE L’ÉTAT ET MOBILISER LES RECETTES PUBLIQUES

L’économie togolaise a affiché ces dernières années des résultats relativement solides : le taux de croissance du PIB au cours des trois dernières années s’est établi en moyenne à environ 5 %, soit un niveau supérieur à celui de la plupart des pays d’Afrique subsaharienne. Bien que le Togo ait été exposé à des chocs négatifs, avec, d’une part, la baisse des prix des matières premières qui a affecté ses principaux produits d’exportation (phosphates et clinker notamment) et, d’autre part, les répercussions du ralentissement de l’économie nigériane, le gouvernement a entrepris un programme d’investissement public ambitieux qui a permis, en 2015/16, de soutenir la demande globale.

La croissance économique a été principalement portée par la production agricole et les industries extractives, ainsi que par les activités de commerce. Le secteur agricole, qui représente près de la moitié du PIB du pays et fournit plus de 60 % des emplois, a bénéficié de bonnes conditions météorologiques. L’inflation reste maîtrisée, à 2,1 % en moyenne en 2016, grâce à la politique monétaire prudente menée par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et au faible niveau des prix alimentaires.

Le déficit des transactions extérieures courantes reste toutefois important : les exportations ont baissé en raison du recul de la demande chez les principaux partenaires commerciaux du Togo, tandis que les soldes des revenus et des services se sont améliorés au cours des 12 derniers mois. Ce déficit a été financé par l’aide internationale, les emprunts non concessionnels et les investissements directs étrangers.

Le déficit budgétaire, qui ressortait à 5,8 % du PIB en 2013, s’est fortement détérioré sur la période 2015-2016, pour se creuser à plus de 9 % du PIB. L’accumulation des arriérés de dépenses publiques s’élevaient à environ 60 milliards de francs CFA à la fin de l’année 2016, soit un montant équivalent à 2,5 % du PIB. Parallèlement, le ratio de la dette publique par rapport au PIB a connu une hausse rapide, pour s’établir selon les estimations à 77,4 %, un taux qui correspond au niveau le plus élevé en Afrique de l’Ouest et qui dépasse le seuil de 70 % requis par l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

Au début de l’année 2017, le gouvernement a lancé un nouveau programme économique reposant sur un accord de trois ans avec le Fonds monétaire international (dont l’approbation est prévue ce mois d’avril). Ce programme prévoit une réduction drastique des dépenses de l’État et des efforts accrus pour mobiliser les recettes publiques, en vue de retrouver une marge de manœuvre budgétaire et de réduire le fardeau de la dette.

 

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