GEORGE WEAH, L’ENFANT DU GHETTO DEVENU PRÉSIDENT.

L’ancien footballeur a été élevé par sa grand-mère dans le bidonville de Clara Town. Sa popularité est exceptionnelle parmi les classes les plus défavorisées

L’élection de 2017 marque un tournant dans l’histoire du Liberia. Pour la première fois depuis la création du pays, en 1822, le vainqueur est un « enfant du ghetto ». La gloire mondiale du football des années 2000 est née à Clara Town, un bidonville entouré par la mer. Il a été élevé par sa grand-mère dans une petite maison délabrée, dans la plus grande pauvreté. Enfant, il travaillait déjà, comme réparateur de téléphones. Mais le ballon, qu’il a toujours aimé taper dans les ruelles boueuses du ghetto, va changer sa vie.

Si la présidente sortante – première femme chef d’Etat en Afrique – a réussi à maintenir une paix pourtant fragile, le pays est à bout de souffle : 64 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, 62 % des 15-24 ans n’ont pas achevé leurs études primaires et 31 % des Libériens souffrent de sous-nutrition. Dans ces conditions, le discours de George Weah en direction des plus défavorisés a porté, et c’est probablement cela qui l’a mené à la victoire.

Son statut de fils du peuple a aussi joué. Membre de l’ethnie krou et ne faisant pas partie de l’élite descendant d’esclaves affranchis aux Etats-Unis, appelés les « congos », qui dominent traditionnellement la vie politique, George Weah est considéré comme un « native », mot utilisé pour décrire les Libériens d’origine.
Source: Ghalia Kadiri/LE MONDE

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