UN PEUPLE, UNE HISTOIRE – VOYAGE EN PAYS TAMBERMA

Premier documentaire d’une collection sur les peuples du Togo. Immersion totale dans le paysage Koutammakou du peuple Tamberma.

Bonjour, se dit Diyéna en langue Tamberma. Je m’appelle N’Koua, première fille de ma famille. Je fais partie du peuple Tamberma. Le territoire Batammariba, couvrant environ 500 km2 au pied du mont Atakora, est situé dans la préfecture de la Kéran à près de 475 kms au nord-est de Lomé. Il est inscrit depuis juin 2004 au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce peuple se retrouve également au nord du Bénin où il est appelé « Somba ». Ces peuples nomment leur pays le Koutamakou et on nous appelle « ceux qui façonnent la terre ». Dans ce paysage étroitement lié aux rituels et aux croyances, l’homme est en constante harmonie avec la nature qui l’entoure.
Nous vivons tous dans un Takienta, château fort en miniature, utilitaire et symbolique, constitué de cuisines, d’espaces d’élevages, de tourelles, de greniers, de terrasses, d’autels et de chambres. Cet habitat technique est à la fois la demeure de dieux, des hommes et des animaux.
Ce que vous voyez devant notre maison, ce sont nos fétiches protecteurs qui empêchent les mauvais esprits de roder ou de pénétrer à l’intérieur et protègent notre famille.
Ma mère Kanti s’attèle actuellement à préparer le repas avec l’aide de mes sœurs. Nos menus sont composés entre autres de la pâte de fonio accompagnée de la sauce à base des feuilles de baobab, la pâte de sorgho accompagnée de la sauce de graines de baobab fermentées mélangée avec du gombo et de l’oseille de guinée, et parfois, du voandzou, une sorte de légumineuse cultivée chez nous.
Le soir après le diner, nous nous retrouvons souvent sur la terrasse autour du chef de famille qui nous conte les histoires du pays, récentes et anciennes. La famille, les enfants, les amis et voisins, écoutent avec attention ces récits qui participent de notre cohésion et de notre identité
Je vous invite à assister à une partie de chasse organisée par les jeunes du village Bassamba, équipés d’arc et de lances de leur fabrication et accompagnés de leur chien, ils tentent de débusquer lièvres, perdrix et tout autres animaux destinés au festin du soir.
Mon grand frère N’Poh se prépare à partir aux champs avec les hommes de mon village car chez nous, les tâches les plus rudes se font en commun et l’entraide est une donnée essentielle de notre société et ne souffre d’aucune contrainte.
Ce matin, je mettrais ma tenue des grands jours car nous sommes conviés à célébrer les moissons. Les hommes, les femmes et les enfants chanteront et danseront à la place des fêtes de notre préfecture. Ces cérémonies se poursuivront le soir au claire de lune jusqu’au matin et nous nous réjouirons en musique de l’abondance des récoltes.
A l’aube, les enfants, sans doute fatigués, seront sur le chemin de l’école mais heureux de vivre parmi les leurs. Avec leurs camarades, ils parcourront des kilomètres pour rejoindre les salles de classe. Tous ces enfants rêvent de devenir des élites pour prendre soin de leur communauté….
Dans deux ans, je ferai Dikountri qui fera de moi une jeune femme prête à se marier. Dikoutri, tout comme Difoini pour le jeune garçon, sont des rites initiatiques complexes qui se pratiquent selon l’âge. Ces rituels ont lieu durant 2 ans chaque 4 ans afin d’accompagner nos jeunes vers la classe d’âge supérieur jusqu’à ce qu’ils deviennent adultes.
Chez nous, les cérémonies de mariage se font suivant divers modes coutumiers dont le plus fréquent est le choix opéré par les conjoints. Généralement, nous épousons entre nous.
D’ailleurs cet après midi, dans le village de Watema, nous assisterons à une cérémonie de mariage riche en couleurs à laquelle chacun est convié.
Notre civilisation, encore traditionnelle, intègre néanmoins le monde moderne avec tous ses apports que sont les écoles, les dispensaires de santé et les centres administratifs.
Comme tous ces enfants, j’ai fréquenté dans les mêmes conditions qu’eux et aujourd’hui, je suis en 3ème année de gestion des ressources humaines à l’université.
Mon rêve est qu’un jour, je puisse intégrer une grande entreprise où je serais gestionnaire du personnel.

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