LE PREMIER MINISTRE FRANÇAIS REND HOMMAGE À LA DÉPUTÉ D’ORIGINE TOGOLAISE

Qui est Laetitia Avia, la députée à qui Edouard Philippe a rendu hommage ?

 

En préambule de son discours à l’Assemblée nationale, le Premier ministre a dessiné en creux le portrait de cette avocate de 31 ans… sans jamais citer son nom.

 

Lundi, elle relayait sur Twitter plusieurs passages du discours d’Emmanuel Macron. Mardi, reprendra-t-elle également celui d’Edouard Philippe devant l’Assemblée nationale ? Car c’est bien à elle, Laetitia Avia, députée de 31 ans, que le Premier ministre a rendu un hommage appuyé… sans jamais citer son nom !

Il y avait là des airs de devinette. En préambule de sa longue prise de parole, le chef du gouvernement évoque d’abord Simone Veil, disparue récemment, et ses combats pour l’éducation. «J’aimerais (maintenant) vous parler d’une autre femme», embraye-t-il mystérieusement. En 2003, celle-ci «poussait les lourdes portes d’une grande école parisienne», introduit-il d’abord. Cette jeune femme, «rien», dit-il, «ne la prédestinait à entrer dans ce lieu», à l’Assemblée.

Après avoir «grandi en Seine-Saint-Denis», s’être formée au sein «d’établissements situés en quartier d’éducation prioritaire», cette fille de «chauffeur-bagagiste et (d’)aide-soignante» devient «avocate», raconte toujours Edouard Philippe. Elle travaille un temps «dans les cabinets les plus prestigieux». Puis «fonde» son propre cabinet. «Cette jeune femme siège aujourd’hui sur vos bancs», laisse enfin tomber le Premier ministre, louant son «travail», son «engagement» et sa «ténacité».

 

 Un profil atypique 

 

 Dans l’hémicycle, certains, peut-être, n’auront pas deviné de quel nouveau visage de l’Assemblée le chef du gouvernement vient ainsi de dresser le portrait. Au cours des dernières élections législatives, le profil atypique de Laetitia Avia avait cependant tapé dans l’oeil de la presse. 
Dans un portrait, Libération disait ainsi de cette avocate d’affaires qu’elle avait «pris le train En marche comme on saute dans un Uber». A peine sortie de Sciences Po, qu’elle a pu intégrer grâce aux filières mises en place par Richard Descoings, elle rencontre Emmanuel Macron. C’était il y a presque dix ans. A l’époque, elle est «secrétaire générale de la commission censée redéfinir les professions juridiques», selon le quotidien. Lui est «l’un des rapporteurs». Après s’être côtoyés durant neuf mois, leurs destins se séparent. Chacun connaît une ascension fulgurante, au cours de laquelle ils n’oublient jamais de s’échanger leurs voeux chaque année.

 

Candidate, elle multiplie les porte-à-porte

 

 Elle rejoint finalement En Marche ! dès le début du mouvement. D’abord au sein de la commission nationale d’investiture, destinée à sélectionner les candidats aux législatives. Puis en tant que candidate dans la 8e circonscription de Paris, à l’est de la capitale.  

 

Là, elle multiplie les opérations de porte-à-porte et les réunions de terrain. Histoire de faire taire ses détracteurs qui dénoncent un manque de notoriété et d’ancrage local. «Je ne suis pas connue, assume-t-elle alors dans nos pages. Mais parce que je suis nouvelle. (La députée sortante) Sandrine Mazetier, pour qui j’ai un grand respect, incarnait le renouvellement en 1997 (NDLR : date de sa première candidature législative). Aujourd’hui, c’est la gardienne du temple !»
 

Une poigne et une détermination qui s’avèrent payantes. Le dimanche 18 juin, elle obtient 64,56% des voix face à Valérie Montandon (LR). Avec, en prime, cet élogieux hommage du Premier ministre. 

 

LP/Olivier Corsan

 

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